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| Starmania | |||||
"Il faut vivre aujourd’hui parce que demain il sera trop tard" – c’est le credo de Johnny Rockfort dont le personnage a été incarné par Bruno Pelletier dans l’opéra-rock de culte «Starmania» sur les planches du Théâtre Mogador à Paris en 1994. Le rôle qui a marqué le tournant dans la carrière de Bruno, le rôle qui a demandé non seulement la maîtrise de l’acteur mais aussi d’énormes efforts physiques et morals du chanteur.C’etait rien moins que la première version du fameux opéra-rock créé en 1979, et la participation en ce spectacle était à la fois un honneur et une épreuve sérieuse. Bruno joint la troupe de «Mogador-94» grâce à Luc Plamondon qui a apprecié le débutant à la «Légende de Jimmy», et prend part à plus de quatre cents spectacles sur une période de deux ans en incarnant les personnages de Ziggy, Zéro Janvier et Johnny Rockfort. Mais c’est notamment le rôle de Johnny Rockfort, voyou et bandit, l’homme qui confond la vie avec les bandes déssinées, qui est devenu pour Bruno le rôle de grâce. Il a su accentuer et souligner les facettes contraires de l’un des personnages les plus contradictoires et découvrir la tragédie de l’homme à qui ne va pas le monde dans lequel il vit. Le sujet de "Starmania" est transposé au futur. Monopolis futuriste c’est une terrible et effrayante parodie de la société contemporaine, la ville de verre et de béton dans laquelle les gens passent des années entières sans voir le soleil, en passant toute leur vie dans les catacombes souterraines. Mais dans la profondeur de chaque système les protesteations naissent et Johnny Rockfort avec sa bande des voyous devient leur porte-parole. Les rues de Monopolis sont devenues des champs de leurs batailles et l’Underground Café l’endroit de leurs rencontres. C’est là que Johnny connaît Sadia: la force et la raison – ils se complètent à merveille. Epris l’un de l’autre, Johnny et Sadia commencent leur jeu dangereux dont le but est d’empêcher Zéro Janvier, chef du parti nazi, à usurper le pouvoir à Monopolis.
Dirigée par Sadia, la bande des voyous de Johnny Rockfort devient une forte organisation terroriste qui terrifie toute la ville et menace sérieusement Zéro Janvier. Vivant au présent et n’anticipant sur l’avenir que jusqu’au lendemain matin, Johnny ne s’aperçoit pas qu’il devient un fantoche entre les mains de Sadia, intélligente et calculatrice. Mais tout tombe en ruines quand s’y mèle un vrai sentiment – Johnny tombe amoureux de l’animatrice du canal «Télécapital», la charmante Cristal. Lui aussi, comme Jonhnny, manquait tout simplement d’amour dans sa vie et maintenant ils voudraient se retirer de ce jeu dangereux mais ce n’est plus possible. Et Cristal, le comprenant même mieux que Johnny, reste avec lui. "Quand on n'a plus rien à perdre" c’est l’hymne à l’amour foux et irréfléchi au bord de l’abîme en dépit de tout et tous, quand on n’a plus rien à perdre.Sadia mûe par la jalousie, dénonce Johnny à Zéro Janvier. Cristal meurt, les bandits de Zéro Janvier arrêtent Johnny Rockfort figé devant son corps. Son "S.O.S. d'un terrien en détresse" c’est le désespoir et la désolation dans le cri de l’homme dont le monde, s’étant éclairci pour un moment d’un vrai amour, se replonge dans les ténèbres. Le rôle de Johnny Rockfort, un homme trop vif pour rester sans agir et trop naïf pour survivre, est devenu le rôle de grâce pour Bruno Pelletier. L’esprit de révolte de Johnny s’accordait bien avec le caractère de Bruno lui-même. "Quand on arrive en ville", "Banlieue nord", "Quand on n'a plus rien à perdre" interprétés par Bruno ont résonné en reprenant des forces. Il semblait que la voix de Bruno trempée par les chansons de "Led Zeppelin", "Iron Maiden" et "Genesis" était faite exprès pour rendre l’énérgie explosive du rock. Aussi un diapason très large et une remarquable technique vocale lui ont permis d’interpréter le "S.O.S. d'un terrien en détresse" – l’une des parties les plus complexes – de la manière à la fois impeccable et très convaincante....30 ans après la première de l’opéra rock «Starmania», l’œuvre de Michel Berger et de Luc Plamondon n’a perdu en rien de son actualité. Le spectacle a été repris plusieurs fois sur les scènes de France et du Canada, et les versions postérieures ont eu même plus de succès que l’originale. Trop noire même pour le style rock, l’atmosphère affective n’a pas empêché à «Starmania» à gagner une très grande popularité. Des personnages d’un seul tenant crées par les artistes, les textes de Luc Plamondon écrits sous l’impression des théories existentialistes de J.-P. Sartre et la musique géniale de Michel Berger inspiré par le «Jesus-Criste SuperStar», opéra rock de culte, y ont contribué. "Le blues du businessman", "Les uns contre les autres", "S.O.S. d'un terrien en détresse", "Besoin d'amour" non seulement sont passés au top des palmarès mais aussi sont-ils devenus des classiques du genre depuis longtemps. "Starmania" c’est l’aspiration à la gloire, au pouvoir, aux étoiles... il arrive peu à satisfaire ses ambitions. Et ceux qui en marchant par-dessus de soi et des autres montent au sommet, ne trouvent rien d’autre que le ravage. Mais est-ce cela nécessaire à ce prix?
PERSONNAGES :Zéro Janvier, le businessman prospérant. Il obtiendra le pouvoir et saura soumettre Monopolis entier. La foule sur la place scande déjà son nom. Mais est-il heureux? L’homme politique éminent aurait voulu être un artiste. Stella Spotlight, vedette de cinéma. Foules d’admirateurs, succès éclatant, gloire, argent ne pourront jamais éffacer de sa mémoire tous les humiliations qu’elle a dû subir sur la route du succès. Sur le déclin de sa vie quand la jeunesse et la beauté disparaissent, la compréhention lui arrive avec une évidence cruelle que les valeurs authentiques ont été sacrifiées à une vie dorée. Ziggy. La seule chose qui l’intéresse c’est la musique. On dit de lui qu’il vie dans une autre galaxie. Il ne divise pas le monde entre les siens et les étrangers, il lui est égal avec qui travailler pourvu qu’on lui donne la possibilité de faire ce qu’il aime. C’est pourquoi en sympathisant dès le début avec les Etoiles Noires il accepte en fin des comptes la proposition de Zéro Janvier de prendre place du disc-jockey à la discothèque de Naziland. En se renfermant dans le monde de la musique il cherche à se cacher des cruautés du monde réel. Marie-Jeanne, la seule qui ne rêve pas de gloire. Elle voulait faire quelque chose qu’elle aime pourvu qu’elle soit en harmonie avec elle-même. C’est cela qui est peut-être le plus important dans la vie, les autres ne le comprennent qu’à la fin...
Le sujet de «Starmania» est trop complexe pour être raconté en deux mots. Il est inutile de chercher une ligne principale prononcée – les destins des personnages sont entrelacés mais chacun a sa propre tragédie et chacun fait face à son propre monde... «Starmania» pose des milliers de questions et c’est le spectaceur lui-même qui doit trouver la réponse à chaque question.«Pourquoi je vis? Pourquoi je meurs? Pourquoi je crie? Pourquoi je pleure?» Bruno Pelletier a consacré au rôle de Johnny Rockfort deux ans de sa carrière scénique, deux ans de sa vie. La vaine recherche de l’harmonie avec lui-même que mène Johnny Rockfort était toujours proche au chanteur et cette aspiration d’être libre, de «vivre sa vie» Bruno la garde toujours dans son œuvre. Il chante, et son S.O.S. retourne les sangs. Même si vous ne connaissez pas le français soyez sûr: vous ne resterez pas indifférents. La voix de Bruno Pelletier vous dira plus que toutes les paroles. |
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